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Collision 2019 -
Retour sur cet événement à fort impact

Par Mariève Bouchard et Manuel Léveillé, le 19 juin 2019

Il y a quelques jours avait lieu la 6e édition de Collision, une conférence consacrée aux nouvelles technologies et réunissant plus de 25 000 participants de tout horizon. Après Las Vegas et New Orléans, c’est Toronto qui accueillait l’évènement, une première au Canada.

C’était l’occasion idéale d’y envoyer deux de nos designers, Mariève Bouchard et Manuel Léveillé, afin de parfaire leurs connaissances, mais surtout faire le plein d’inspiration.

Aujourd’hui, ils font un retour sur leur expérience : 4 jours de Collision en 3 constats majeurs :

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1. Pour une plus grande responsabilisation dans le développement des nouvelles technologies.

S’il y a un thème global qui a teinté l’ensemble des discussions lors de l’événement, c’est bien celui-ci. Nous avons senti une réelle prise de conscience quant au pouvoir et à l’impact du développement de nouvelles technologies. Si l’industrie des hautes technologies a longtemps été vue comme la solution à de nombreux problèmes, aujourd’hui elle en est la cause de plusieurs autres.

Plutôt que d’évaluer à tout prix la rentabilité d’une innovation technologique, nous devrions nous concentrer sur son impact positif à court, moyen et long terme. Que ce soit d’un point de vue social, moral, environnemental et même d’affaires, le mandat premier devrait être le développement de «Good Tech».

À cet effet, voici un condensé des interventions et conférenciers qui nous ont particulièrement interpellées:


«Alors que les réseaux sociaux exploitent les faiblesses de l’humain en valorisant la popularité et l’attention, il y a urgence d’utiliser la puissance des technologies pour engager la collaboration et stimuler la créativité»

Joseph Gordon-Levitt / Hitrecord



«La protection des océans est mise en péril à cause de la surpêche et du plastique, mais plutôt que se de concentrer sur le plastique à usage unique, la priorité devrait être l'équipement de pêche abandonné (Ghost Gear). Il existe de grandes possibilités pour la technologie de faire partie de la solution à ce problème.»

Andrew Sharpless / Oceana, Sean Casey, Government of Canada


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L’environnement était au coeur des discussions et préoccupations lors de Collision. Il ne fait nul doute que dorénavant la technologie devrait servir les initiatives à dimensions écologiques. Plus encore, en tant que designer, nous avons la responsabilité de considérer l’impact du cycle de vie des produits que nous concevons. Ce même sujet avait d’ailleurs été abordé lors du CPES2019 un peu plus tôt ce printemps.

Cette volonté de mieux faire, combinée à certains enjeux sociaux et écologiques (on a qu’à penser à la surpopulation) ouvre la porte à un monde de possibilités, notamment dans l’industrie agricole. Grâce à l’utilisation d’outils technologiques de pointe: données, automatisation et objets connectés, l’agriculture connait en ce moment des changements si radicaux qu’un nouveau terme a vu le jour: l’Agtech. Plusieurs entreprises émergentes, dont Nectar, se sont lancés le défi d’innover et de réinventer les façons de faire des agriculteurs.


«Nous sommes doués pour régler des problèmes, mais on devrait plutôt se concentrer à les prévenir.»

Dorry Segev / Johns Hopkins School of Medicine


Cette dernière intervention est lourde de sens, car elle remet en question le système de développement de produit. En tant que designers industriels, nous nous spécialisons dans la résolution de problèmes, nous aidons à combler les besoins des utilisateurs. Voir au-delà de ces besoins en cherchant à éliminer la source des problèmes c’est revoir tout le modèle de création de produits au sens large, qu’il soit physique, numérique, un service ou bien hybride. C’est d’ailleurs dans cette optique que nous avons développé chez ALTO la phase 0, une étape de recherche et de questionnement avant la phase de conception qui vise à prévenir les problèmes potentiels. Un peu plus tard dans le processus, les tests utilisateurs seront aussi très utiles pour anticiper d’autres problématiques.


2. Collaborer plus que jamais

Le développement de nouvelles technologies (et surtout de Good Tech), ne passe plus par un effort individuel. L’époque de la course contre la montre à l’innovation est révolue, c’est l’heure de la course à relais.


«La collaboration est la clé de l’innovation et c’est d’autant plus vrai pour les grandes compagnies qui se retrouvent en compétition avec les start-up.»

Brent Mohair / Fedex


Trop souvent, les grandes entreprises technologiques et les start-up sont mises en opposition, alors que dans les faits elles sont plus complémentaires qu’elles ne le paraissent. La spécialisation très pointue d’une entreprise émergente peut faire débloquer un enjeu majeur d’une plus grande compagnie, plus généraliste dans son approche. L’inverse est tout aussi plausible.

Cet état d’esprit implique cependant un plus grand partage des connaissances de part et d’autre. Il ne faut pas voir ce partage comme un risque ou encore un désavantage, mais plutôt comme une opportunité d’améliorer le produit final. Ainsi, pour assurer une saine innovation, la technologie ne doit plus appartenir à une poignée d’entreprises. On doit assister à une certaine démocratisation des outils technologiques. Cette plus grande accessibilité passe notamment par le partage de données (open data + open source). Une fois libérées, réinterprétées et combinées ces données permettent de générer des bénéfices insoupçonnés au départ.

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Dans le même ordre d’idée, à de nombreuses reprises lors de l’événement, il a été question d’ouverture d’esprit et d’ouverture aux autres cultures. L’adoption d’une vision plus globale permettrait d’injecter un vent de fraîcheur dans tous processus d’innovation.

Selon les experts présents à Collision, si le développement technologique des dernières années appartenait à l’Amérique du Nord et l’Asie, celui des prochaines décennies pourrait être l’affaire des pays émergents.


«Les pays émergents sont l’épicentre du développement de nouvelles technologies, car ils sont plus enclins à pousser leur intégration. Les grandes villes sont victimes de leurs croissances ce qui limite leur potentiel d’innovation. Ils ont beaucoup à perdre, alors ils tentent moins d’expériences.»

Dan Doctoroff / Sidewalk Labs) (Akon –Akoin)


On peut donc s’attendre une plus grande interdépendance des différents acteurs dans les prochaines années, voir même à un renversement du pouvoir d’innovation entre le gros et le petit, l’abondant et le moins nantis.


3 - Le Canada a le vent dans les voiles

Si au départ l’annonce de déménager la conférence à Toronto s’est attirée quelques critiques, on peut dire que les organisateurs ont remporté leurs paris. Tous les commentaires recueillis suite à l’événement sont unanimes: Toronto était l’endroit tout indiqué pour accueillir une telle conférence. Pour cause, la ville reine est en pleine ébullition technologique.

Mené par d’importantes recherches et investissements en intelligence artificielle, développement logiciel et biotechnologie, le Grand Toronto connaît un essor remarquable. L’année dernière seulement, c’est près de 29 000 emplois qui ont été créés dans la région. Les villes de San Francisco, Washington, Seattle et New York combinées n’arrivent pas à ce total.

Même si nous croyons que Montréal n’a rien à envier à Toronto pour ce qui est de la créativité d’affaires et de l’entrepreneuriat, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’une plaque tournante pour les hautes technologies. Cette situation pourrait d’ailleurs avoir un rayonnement positif sur l’ensemble du pays. Avec le taux de change plus que favorable et l’accès à des technologies exclusives, gageons que de plus en plus d’entreprises américaines décideront de passer la frontière pour collaborer avec des compagnies d’ici.

Qui sait, le Canada pourrait peut-être devenir une référence dans le développement de «Good Tech»? Quand on parle de bienveillance et d’ouverture d’esprit, la réputation du Canada n’est plus vraiment à faire.

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Bref, avec tout ce qu’on entend à propos de l’intelligence artificielle, les robots, le Big Data et l’Internet des Objets (IOT), les nouvelles technologies peuvent laisser planer un climat complexe et austère. Ceci dit, c’est en assistant à des événements comme Collision que l’on se rend compte que le bon développement de ces technologies repose sur des valeurs profondément humaines, comme l’empathie, l’altruisme et le partage. Évidemment il demeure essentiel qu’un produit ou un service règle une problématique pour son utilisateur, sans toutefois négliger l’impact que cette technologie pourrait avoir sur son environnement élargi.

C’est la raison pour laquelle plus que jamais, chez ALTO, nous nous concentrons au développement de «Good Tech» et nous invitons tous nos partenaires et collaborateurs à faire de même.

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